Covid-19 et après ?

Le 11 janvier 2020, le premier mort du COVID-19 a été enregistré en Chine plus précisément à Wuhan. L’épidémie s’est étendue au Japon, à Singapour, au Corée du Sud, globalement en Asie. Progressivement, l’épidémie s’est transformée en pandémie et le monde entier a été touché. Le virus est très contagieux et sème la mort partout, sur tous les continents, sans discernement, est-ce que ça ne doit pas faire réfléchir ? Avec la mobilité, la pandémie s’est répandue dans le monde entier avec son cortège de morts. Elle a atteint d’abord l’Italie puis la France, avant de frapper toute l’Europe, l’Afrique, les Etats-Unis d’ Amérique, le Canada, l’Amérique latine et l’Australie. Le virus, seul ou sur fond d’autres pathologies latentes, est responsable de beaucoup de morts. A cause de sa contagion, la stratégie partagée est de limiter voire de sursoir aux déplacements des individus, les frontières ont été fermées, le monde s’est ainsi figé !

Comment les différents pays ont réagi par rapport à la pandémie sur les plans sanitaire et économique ?

La Chine a exploré le confinement pour endiguer la propagation de la maladie. Elle a mobilisé des moyens conséquents pour prendre en charge ses malades en construisant deux hôpitaux à Wuhan, épicentre de la pandémie. En décidant du confinement, la Chine s’est certainement assurée de la fourniture en aliments de base à toute la ville de Wuhan, plus de dix millions d’habitants. Les comités de quartier de Wuhan passent chaque jour prendre la température des habitants et leurs livrer des courses de nourriture (Bingtao Chen, 2020). Au plan sanitaire, outre la création de nouvelles structures hospitalières, il n’a pas été question de problème de respirateurs, de tests, de médicaments encore moins de masques. Toute la société a été mobilisée et le type de régime y contribuant, les orientations ont été bien respectées. Ainsi, au bout de trois mois, Wuhan a maitrisé la pandémie et a commencé à sortir du confinement. La pandémie a été maitrisée à Singapour et en Corée du Sud grâce d’une part, à un dépistage massif et d’autre part, àl’utilisation des technologies et au port des masques.

Sur le plan économique, la Chine a mobilisé sa banque centrale pour soutenir son économie avec 550 milliards de Yens soit environs 70,6 Milliards £ (D.S. Khan, 2020).

La pandémie a été très sévère en Italie, en France, en Espagne, en Angleterre et aux Etats-Unis, au Brésil avec des milliers de morts.  Les hôpitaux ont été submergés en Italie, les besoins en respirateurs ont fait jour et les médecins furentobligés de sélectionner les patients à traiter. En France, les malades ont été redéployés dans des provinces où l’épidémie était moins dense et dans certains pays limitrophes. La France a eu à multiplier par plus de deux sa capacité d’admission en réanimation. L’Angleterre a bâti un hôpital en urgence pour admettre les malades. Partout en Europe, outre en Allemagne, se sont posés les problèmes de respirateurs, de masques, de gels hydro alcooliques, etc.  Par une stratégie de dépistage massif, de prise en charge précoce, la pandémie a été moins sévère en Allemagne avec, certes, beaucoup de contaminés mais moins de décès. Cette stratégie a été possible grâce aux résultats de la recherche et un système sanitaire relativement bien distribué et bien structuré.

Bon nombre de pays, inspirés par leurs experts sanitaires, ont opté pour le confinement afin d’arrêter la propagation du virus. La question de la souveraineté sanitaire de certains pays s’est clairement posée. En Angleterre et aux Etats-Unis,des industries se sont orientées dans la production des respirateurs, tandis que d’autres pays ont compté sur la Chine pour avoir des respirateurs et des masques. En France, tout en commandant à la Chine, une mobilisation a été notée pour la production domestique de respirateurs et de masques.

Au plan économique, outre l’intervention de la Banque Européenne et de la FED aux Etats-Unis, tous les pays ont pris des mesures de protection de leurs économies. Ainsi, pour la deuxième fois en moins de vingt ans, les pays du nord n’ont pas laissé le marché se réguler et ont du intervenir pour soutenir leur économie. 

La pandémie est arrivée par la suite en Afrique. La réponse des pays est quasi similaire grâce certainement à l’Union Africaine (UA), aux Communautés Economiques Régionales (CER) et à des organisations comme l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS). Il faut aussi relever l’action de l’OMS. Au Sénégal notamment, le gouvernement suit les indications d’un comité scientifique. L’action politique se nourrit de la connaissance scientifique. La stratégie est celle de l’endiguement ; une fois un cas détecté, il est isolé et traité mais aussi, tous ses contacts sont mis en quarantaine, plus précisément en quatorzaine avec un dépistage périodique.

Il faut saluer, au niveau sous régional, l’action de l’Organisation Ouest Africaine de la Santé (OOAS), une composante de la Communauté Economique Des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Au niveau local, il faut saluer les résultats importants tant au niveau des capacités d’analyse que des soins. Le Sénégal s’est appuyé sur deux structures aux normes internationales : l’Institut Pasteur et l’Institut de Recherche en Santé, de Surveillance Epidémiologique et de Formation (IRESSEF) pour faire toutes les analyses. Les laboratoires dans les hôpitaux et certaines structures privées aussi avaient la capacité d’y prendre part. Les praticiens, avec un environnement de travail, certes à parfaire et des capacités limitées, arrivent à soigner lespatients. 

Pour avoir des analyses partout en Afrique, la solidaritéet la mutualisation des plateaux techniques ainsi que des ressources humaines, ont été nécessaires. Il faut tout de même relever que l’Afrique importe tout et ne produit pas localement ce dont elle a besoin aussi bien pour le diagnostic, les équipements sanitaires que les médicaments. 

Sur le plan économique, la réponse est similaire d’un pays à l’autre avec des initiatives au niveau pan africain de plaider pour une annulation de la dette en général sinon sa renégociation et des actions de soutien aux populations nécessiteuses ainsi qu’aux entreprises impactées par la crise.En figeant le monde, des pans entiers de l’économie sont à l’arrêt. 

Même dans l’hypothèse d’une annulation totale de la dette, le référentiel de fonctionnement du monde ne changera pas car l’après covid-19 sera similaire à l’avant covid-19.  Les choses n’ont pas beaucoup changé après la crise financière de 2008. Cependant, nombre d’analystes s’accordent à dire qu’un autre monde va s’ouvrir après cette pandémie. Force est de reconnaitre qu’un certains nombres de paradigmes ne tiennent plus :1. Il est apparu très nettement que la mondialisation telle que pratiquée avec le tout reposant sur les finances n’a pas de sens devant la vie et le bien être des personnes. Les plateaux techniques des structures sanitaires ainsique les ressources consacrées aux personnels soignants ne peuvent souffrir d’équilibre budgétaire. Les mesures de rentabilité appliquées aux structures sanitaires ont montré leur impertinence. Il en est de même pour l’Education. Une société qui ne consacre pas assez de moyens à sa santé, à son éducation, court inéluctablement à sa perte. 2. Le marché, même dans un contexte de mondialisation, ne s’autorégule pas tout seul. Pour la deuxième fois en moins de vingt ans, les pays développés ont dû intervenir pour protéger leur économie. Les règles de l’Union Européenne ont été suspendues et chaque pays a dégagé des moyens conséquents pour soutenir son potentiel économique et ainsi préserver ses emplois. La Chine a débloqué 400milliards $ pour relancer son économie. Aux Etats-Unis, le congrès s’apprête à dépenser 1300 milliards $ pour soutenir son économie. L’Allemagne et la Chine ont respectivement promis de débloquer 600 et 400 milliards de dollars de stimulus (D. S-Khan, 2020). Un plan de relance de 500 milliards d’euros est initié par l’Allemagne et la France pour l’Union Européenne (Florian, 2020).3. Le libre marché ne peut fournir les besoins de tous les pays en période de crise. Les pays, tout en œuvrant pour leur souveraineté en général, doivent aussi considérer leur souveraineté sanitaire. Cette dernière est largement tributaire de la qualité de la recherche et du développement des industries aux niveaux des équipements, des médicaments et des autres intrants de santé.  

Quelles sont les leçons apprises de la crise en Afrique ? Est-ce que l’Afrique peut tenir compte de ces changements et mieux se structurer ? 

Les bons points de l’Afrique : 1. la coordination au niveau de l’Union Africaine et des Communautés Economiques Régionales pour avoir une stratégie partagée et parler d’une seule voix pour l’annulation de la dette. La mutualisation des compétences au sein des régions avec un leadership au niveau continental sont des gages pour une Afrique audible ;2. la synergie entre les politiques et les scientifiques dans le plan de riposte. Est-ce que cette synergie ne peut pas être structurelle afin qu’en toutes circonstances et sur tous les plans, les gouvernants bénéficient des avancées de la science. La synergie entre les gouvernants, les académiques et le secteur privé est recommandée pour permettre à la société de progresser et d’innover. Certainsproposent à l’Afrique d’y ajouter la société civile pour promouvoir le continent ;3. dans la période, il a été noté ça et là des initiatives prometteuses. Des universitaires ont créé un  prototype de respirateur (Pôle de Thiès), d’autres ont préparé des gels alcooliques (ESP, FST UCAD, UASZ, UGB). Les écoles d’ingénieurs ont mis au point des robots à diverses fins. Des tailleurs, à plusieurs niveaux, ont confectionné des masques.  Ces capacités rapportées à la sous-région, étendues à toute l’Afrique, en corrélation avec la diaspora indiquent une certaine masse critique de savoir-faire à même d’autoriser le passage à une industrialisation de l’Afrique

Les points faibles pour l’Afrique :1. L’Afrique ne produit pas les équipements sanitaires ainsi que les médicaments dont elle a besoin. L’Afrique importe presque TOUT ;2. l’économie africaine a été bloquée par, entre autre, l’arrêtde commercialisation de ses matières premières ;3. il n’y a pas une Banque Centrale Africaine pour injecter de la liquidité à travers tout le continent.

La pandémie de Covid-19 ne bouleverse pas seulement des certitudes technologiques, des modes de vie et un ordre géopolitique. C’est l’idée même qu’on se fait de la trajectoire du progrès humain qui est ébranlée. Si aujourd’hui, beaucoup laissent entendre que plus rien ne sera comme avant, rien n’est moins sûr. La crise financière de 2008 est là pour le rappeler (Rama Yade, 2020). 

L’Afrique devra se réinventer à partir de son socle de valeurs. Il est possible de retenir, entre autres valeurs, la Foi, le Respect, la Solidarité, la Créativité et l’Ethique. Il revient à l’Afrique de prendre des initiatives pour changer le référentiel de fonctionnement du monde et assurer sa contribution au développement mondial. A ce niveau, deux axes sont à sa portée : renforcer l’Unité africaine à travers l’Union Africaine en avançant sur la création des Etats-Unis d’Afrique d’une part et faire en sorte que les matières premières d’Afrique soient quottées en Afrique d’autre part.A. Avancer sur la création des Etats-Unis d’Afrique

Cette crise sanitaire avec ses conséquences économiqueset sociales a renforcé la conviction que l’Afrique ne peut construire sa souveraineté sanitaire qu’en étant unie. La question de la souveraineté est convoquée par certains chefs d’Etat pour s’opposer à la réunification de l’Afrique. Force est de constater qu’aucun pays africain, pris individuellement,n’arrivera à assurer sa souveraineté. Est-ce que la crise au Sahel ne devrait pas être prise en charge par toutes les armées d’Afrique ? En unifiant nos forces, nous ferons moins appel aux autres. 

La création des Etats-Unis d’Afrique avec les structuresqui vont avec, entre autres, l’Armée et la Banque Centrale, est une réponse à la hauteur des défis de souveraineté et de la masse critique nécessaire pour peser sur les orientations mondiales de l’après covid-19. L’armée africaine assurera la sécurité ainsi que la souveraineté, la Banque Centrale offriral’outil financier nécessaire. En levant les frontières, l’Afriquese dotera de la masse critique de compétences dans bien des domaines. La crise due à la Covid-19 a révélé au grand jour certaines capacités dans les universités et centres de recherche. Des savoir-faire sont aussi notés. En tenant en compte la diaspora, le transfert de technologie peut, dans une large mesure, être assuré. L’utilisation de la diaspora n’est pas un slogan mais un programme de travail s’appuyant, entre autres,sur les technologies et des ressources financières conséquenteset pérennes. Pour s’affirmer comme force, l’Afrique devra rapidement aller vers les Etats-Unis d’Afrique.

Le renforcement de l’UA par la mise en œuvre de certaines orientations de l’agenda 2063, la consolidation des Communautés Economiques Régionales par la création en leur sein d’unités industrielles avec comme marché toute l’Afrique dans le cadre de la zone de libre-échange, sont certainement des orientations à mettre en œuvre avec la plus grande diligence. L’Afrique devra s’appuyer sur des infrastructures solides ainsi que des réseaux en fibre optique à travers tout le continent. La mobilité intra-africaine devra retenir plus d’attention ! Le passeport africain va dans la bonne direction, les infrastructures transcontinentales doivent suivre dans le cadre du NEPAD.

B. Fixer des prix de certaines matières premières en Afrique

Les événements récents ont entrainé une redistribution des pôles de fixations des prix dans le monde. Quelle en serala part de l’Afrique ? Afin d’avoir des bourses pour fixer ses prix des matières premières, à l’image de la Malaisie, l’Afrique devra créer une industrie de transformation de ses matières premières et s’en donner ainsi les moyens. Toutes les matières premières produites principalement en Afrique, devraient voir leurs prix se structurer en Afrique même. 

A ce titre, toute l’Afrique devrait appuyer le rapprochement de la Côte d’Ivoire et du Ghana, première et deuxième productrice mondiale de Cacao, pour en fixer lescours. Cette initiative sera beaucoup plus plausible si une industrie forte de transformation du Cacao se crée dans ces pays et dans la région. L’Afrique devra se mobiliser pour s’industrialiser. Elle le fera aussi pour donner du travail à sa jeunesse la plus conséquente au monde.

En attendant la mise en place des Etats-Unis d’Afrique avec la création de la Banque Centrale Africaine, il est possible d’avancer rapidement sur le renforcement et la création des Banques au niveau des CER. L’Afrique de l’Ouest pourra créer sa propre monnaie et, ainsi, permettre aux pays francophones de s’épanouir. Il en est de même pour l’Afrique Centrale et l’Afrique du Sud présente de meilleurs avantages comparatifs. Il s’agit de se doter d’outils similaires à ceux de nos partenaires-concurrents. En attendant, la Banque Africaine de Développement (BAD) pourra prendre le leadership. Les autres banques communautaires et nationales pourront aussi s’impliquer. L’Afrique devra se doter d’instruments financiers pour soutenir son industrialisation et ses infrastructures.

L’Afrique pourra explorer un partenariat quadripartite : – gouvernements,  académiques, – secteur privé et société civile pour mettre une couche de propriété immatérielle sur toutes ses matières premières. Malgré les faibles avancées enregistrées depuis les indépendances, l’Afrique peut compter sur certains opérateurs économiques, une classe moyenne qui s’élargit jour après jour, une masse critique de talents dans nombre de domaines en levant les frontières et une diaspora de plus en plus consistante. La crise récente atteste du savoir-faire dans les structures de formation ainsi que dans la société. La société civile est active et compte beaucoup de compétences. Un leadership peut organiser cette synergie.

Dans tous les champs il est possible de passer à l’industrialisation avec un financement basé aussi sur le « crowd funding », financement participatif. En mobilisant les riches et en distribuant le capital, il est possible de mobiliser les ressources financières en Afrique même. Il s’agit d’inventer une nouvelle structuration du capital et de distribution des richesses plus conforme à nos valeurs. Il ne s’agit pas de renoncer à l’investissement étranger mais, d’abord et principalement, de compter sur soi.

En élaborant des projets bancables, nul doute que des partenaires seraient disposés à travailler avec l ‘Afrique pour mettre en place des Parcs Scientifiques et Technologiques (PST), qui intégrés permettront une économie centrée sur l’Afrique mais ouverte au monde. L’Afrique se donnera les moyens de promouvoir des Africains entreprenants à même de porter son industrialisation. Le modèle économique doit être inspiré des valeurs africaines, le « crowd funding » y est conforme. Après cette crise, il faudra nourrir les imaginaires des africains, qu’ils aient la ferme conviction qu’ils peuvent tout faire, tout transformer !

Au Sénégal, des regroupements de pharmaciens, depuis longtemps, ont la volonté de créer leur industriepharmaceutique. Le processus a été catalysé par la crise sanitaire. Ils gagneraient beaucoup en ouvrant le capital à la société même s’ils doivent avoir une minorité de blocage. L’Afrique est appelée à mutualiser ses compétences, en associant les forces de son secteur privé et des académiques pour créer des usines de fabrication de matériels sanitaires et de médicaments.

Le Gabon a interdit la vente de grumes et des scieries s’y installent. Si son Président est combattu par nombre de chancelleries occidentales, cette mesure n’en serait-elle pas la raison ? Des scieries se ferment en Europe et d’autres s’ouvrent en Afrique !

L’Afrique doit promouvoir de grands projets comme la Grande Muraille Verte (GMV) afin de peser sur l’économie verte. Il est possible d’engager les étudiants d’Afrique avec leurs pairs du monde pour sa réalisation. L’UCAD l’a expérimenté avec succès (Sall, 2012). La GMV, avec la vitesse des vents dans le désert ainsi que la qualité de l’ensoleillement, autorise le développement des énergies éolienne et solaire. Cheikh Anta Diop avait clairement indiqué le potentiel de l’énergie hydroélectrique de l’Afrique (C. A. Diop, 1990). En prenant de telles initiatives et bien d’autres, l’Afrique peut être le champion mondial de l’économie verte !L’Afrique pourra aussi compter sur la recherche pour se réinventer.

A cet effet, l’Afrique devra, entre autre, créer laFondation Africaine pour la Recherche, l’Innovation et la Mobilité (FARIM), financée en partie par, 2 à 5 % du produit de la vente de ses matières premières, 1 % de ses industries de transformation, 2 % des recettes de la téléphonie ainsi qu’un « endowment fund » (Sall, 2017). Elle aura une déclinaison au niveau des Etats, des CER et de l’UA. Les ressources sont réparties pour financer la recherche, l’innovation c’est-à-dire le passage de la science au marché et la mobilité. Tous les fonds seront accessibles par la compétition. L’Afrique, en tenant compte des capacités dans les cinq communautés économiques et de la diaspora, dispose d’un potentiel de miseen place des équipes de recherche de haut niveau pour permettre son développement. L’excellent plan science de l’Afrique pourra ainsi être mis en œuvre. L’internalisation de la technologie est accessible par ce biais. En créant les Etats-Unis d’Afrique, il est possible d’avoir les mêmes règles de transfert de technologie que la Chine.

Les chercheurs, les doctorants, les étudiants accorderont une attention particulière à l’innovation et des moyens conséquents y seront dédiés. Comment passer de la science au marché !!! Ils se mobiliseront notamment pour l’industrie verte, par l’innovation et un entreprenariat innovant explorant à fond le « crowd funding ». Les forces du secteur privé corrélées aux capacités scientifiques et encadrés par la puissance publique avec le plaidoyer de la société civile, pourront contribuer à la transformation de l’Afrique en zone de production de biens et de services.

L’urgence africaine, en l’occurrence c’est la production locale de services sanitaires qualitatifs étendus, la transformation sur place des matières premières, vectrice de création de valeur et d’emplois et la diversification de la base productive. Pour donner de l’emploi à nombre de ses fils, majoritairement jeunes, l’industrialisation est la seule voie.

C’est une opportunité historique pour les africains de mobiliser leurs intelligences réparties sur tous les continents, de rassembler leurs ressources endogènes, traditionnelles, diasporiques, scientifiques, nouvelles, digitales, leur créativité pour sortir plus forts d’un désastre que certains ont déjà prédit pour eux (déclaration d’intellectuels africains). 

Dans cette perspective, l’Afrique devra prendre des initiatives hardies afin de changer le référentiel de fonctionnement du monde et, en premier lieu, sortir l’Education et la Santé des logiques financières. Elle devra apprendre les limites du système libéral qui lui est proposé pour ne pas dire imposé et bâtir un système conforme à son héritage culturel largement inspiré par l’humain. Elle devra convoquer ses valeurs comme la Foi, le Respect, la Créativité, la Solidarité et l’Ethique. Partout en Afrique devra triompher le règne de l’Ethique comme disait la Juge Kéba Mbaye(Leçon inaugurale UCAD, 2007). Pour être audibles au niveau mondial, assurer sa souveraineté y compris sanitaire, les Etats-Unis d’Afrique avec les attributs qui vont avec, l’Armée, et la Banque Centrale, sont une réponse on ne peut plus pertinente. 

Le référentiel mondial changerait si l’Afrique se donnaitles moyens de fixer les prix de ses matières premières. A l’instar de la Malaisie ceci est possible si l’Afrique développe une industrie de transformation de ses matières premières. Elle veillera à en faire une industrie verte en exploitant l’ensoleillement, la qualité des vents dans le désert et sur les côtes, et son réseau hydrographique. Il s’agira de mettre une couche de propriété immatérielle sur chaque produit en réorganisant son dispositif de recherche, en mettant en placedes mécanismes de financement robustes comme la FARIM, les banques et en associant de façon stratégique sa diaspora. L’Afrique devra se réinventer en fortifiant son système éducatif, en mettant l’éthique sur toute chose, en créant des entités viables économiquement et orientées vers le bien être des personnes. L’humain sera au centre de tout afin de créer un bien être pour le plus grand nombre à défaut de tous.

Le leadership étant distribué, chacune des composantes : – gouvernements, – académiques, – secteur privé et société civile, pourra l’assumer pour permettre à l’Afrique de compter dans ce monde de compétition. Il est clair que la responsabilité incombe plus aux gouvernants mais elle doit être assumée par tous les citoyens.

Ensemble, construisons les Etats-Unis d’Afrique et prenons les dispositions pour fixer les prix de nos biens sur notre sol, l’Afrique !

Prof. Abdou Salam SALL
Ancien Recteur de l’UCAD
Expert de l’Enseignement Supérieur

Leave A Comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
19 + 19 =


back to top
Ouvrir le chat
Nous écrire...
Hello,

Je peux vous aider ?